Titre: |
Une identité nationale |
Par: |
Thomas Mathew |
Mon nom est Mangalam Thomas Mathew. Mes parents sont nés dans la province du Kerala, située le long de la côte le plus au sud de l'Inde. Ils ont immigré au Canada, où à la longue, mon père est devenu médecin à Terre-Neuve. J'étais né à St. John's. Ma peau est brune. Je suis canadien.
Trouver un équilibre entre mes racines d'Indien et mon héritage canadien contemporain a toujours été compliqué. Suis-je suis un Canadien qui vient par hasard de l'Inde ? Ou, est-ce que je suis un Indien qui se trouve à habiter au Canada ? En conséquence, mon adolescence a été en grande partie influencée par cette lutte constante d'identité. Mes parents parlent Malayalam (un dialecte du Kerala) couramment chez nous. Pourtant à l'école, nous avons à peine appris de l'Inde. On m'a enseign le français et l'anglais ; j'ai étudié l'histoire de l'Europe et de Nord amérique. Je l'ai trouvé difficile de m'identifier avec ces personnages de l'histoire européenne étrangère qui ne me ressemblent pas. J'ai interprété ceci comme étant un récit d'histoire ; une base sur laquelle ce pays a été construit, une introduction au livre fascinant qui est le Canada.
J'estime que je personnifie la révolution de l'identité au Canada. Peut-être Mme Naomi Klein me décrirait comme un jeune Indien-Canadien âgé de 18 ans qui essaie de créer son identité à travers l'histoire de cette grande nation ; une victime des politiques inhérentes et souvent subliminalement exclusionistes qui affligent les minorités au Canada même à ce jour. Mme Klein serait également convaincue qu'une jeunesse passée dans une petite ville dans le nord de l'Ontario peuplé surtout de Blancs aura intensifiée cette sens d'aliénation. Mais, elle aurait tort sur les deux comptes. Mes camarades de classe, professeurs et employeurs tous m'ont accepté pour l'être humain que je suis. Aucune distinction pour ou contre ne m'a été accordée à cause de la couleur de ma peau ou du pays d'origine de mes parents. Ma famille et moi avons été acceptés dans la communauté parce que l'esprit et les principes du Canada, garantis dans la Charte des droites et libertés, dictent que tous soient traités avec égalité. Les valeurs sociales, confirmées par la politique courante de gouvernement, favorisent l'acceptation et la tolérance, et donc nous avons toujours bénéficié et nous jouissons encore aujourd'hui d'un niveau de vie merveilleux. Le lien que je me ressens pour le Canada n'est surtout pas superficiel, mais vient d'un véritable sens d'appartenir. Je refuse d'être classé par Mme Klein comme une minorité privée de ses droits de représentation, criant sans cesse que je suis une victime. Je suis un jeune homme plein d'ambition et vitalité, comme avaient les ancêtres de notre nation et à cause desquels ils ont pu atteindre la confédération. Je suis un citoyen canadien fort et fier, et non pas une victime de quoi que se soit..
L'identité canadienne a acquis une saveur différente pendant les dernières années. C'est évident par la diversité de notre population actuelle. C'est claire que le nombre croissant de minorités immigrées produit un effet monumental sur l'identité collective de notre nation. Il y a quelques décennies, Canada a été dominé par des européens mâles. Aujourd'hui plus de 40% de Toronto, la plus grande ville du pays, est composée de minorités ethniques. Les femmes, après l'affranchissement, réalisent un rôle principal dans la politique, la culture et l'économie canadienne aussi bien que dans la main-d'oeuvre. Mme Klein doit élargir la portée de sa perspective sur cette question. De réduire la révolution d'identité à un conflit entre les secteurs anglophones et francophones du Canada néglige l'essentiel du débat. Mme Klein maintient fortement que la révolution d'identité demeurera latente jusqu'à ce que la discorde entre les Français et les Anglais soit résolue. Une telle position est ignorante du présent et futur de notre pays. Le Canada n'est plus simplement composé de Français et d'Anglais ; de toutes façons les Canadiens eux-mêmes ne se voient pas uniquement comme l'un ou l'autre. La victoire du Parti Libéral de Jean Charest dans les élections récentes au Québec démontre clairement le manque de rapport d'un provincialisme étroit, surtout quand les provinces concernées se sentent solides dans leurs propres croissances et développements.
L'identité du Canada, tout comme son histoire, est une entité organique. L'identité canadienne est vivante, respirant et palpitant avec la vie. Elle est dans une étape de croissance et d'évolution perpétuelle. Oui, notre histoire est d'une importance majeure et ne doit jamais être oubliée ; cependant, de rester bloqué sur le conflit entre les Anglophones et les Francophones ignore la réalité de l'ensemble des Canadiens et insulte les accomplissements des grands hommes comme Pierre Trudeau qui nous ont montré la direction vers une définition de canadianisme moderne. Mme Klein condamne les enclaves culturelles qui semblent dominer les zones centrales des villes métropolitaines telles que Vancouver, Toronto et Montréal. Elle se réfère à eux en tant que parcs à thèmes, séparer par un mur pour déguiser la ségrégation. Mme Klein ne se rend pas compte que chacune de ces enclaves constitue une tuile de la mosaïque qui est le Canada. Dans ce cas, la ségrégation est confondue avec le multiculturalisme.
Neil Bissoondath écrit que l'individu doit dépasser leur appartenance ethnique et que la société doit le dévaloriser. Cette formulation reflète le futur vrai de l'identité canadienne. Bien qu'on doive moins insister sur l'appartenance ethnique personnelle pour le bien de la cohésion sociale, on ne doit pas la négligé ou l'oublié. Bissoondath élucide son avis en déclarant que l'identité personnelle et l'identité publique doivent être maintenues séparée. Cependant, ceci est impossible parce que l'identité publique collective est composée d'identités personnelles. Le détachement de l'un de l'autre annule essentiellement les deux. Une appréciation de chaque identité privée unique, sans tenir compte d'à quel point elle est différente est de la nôtre, doit harmoniser avec l'identité publique globale afin de permettre aux Canadiens d'éprouver un sens vrai de cohésion.
En lisant les articles de M. Bissoondath et Mme Klein, il me semble que leurs allusions fréquentes aux immigrés sont démodés. Les références de Mme Klein aux politiques exclusionistes et à la discrimination contre des minorités peuvent avoir affecté les premiers immigrés, mais pour les générations subséquentes, la protection contre un tel racisme est garantie dans la constitution du pays. Ces Canadiens authentiques éprouvent un niveau d'éducation et de vie carrément impossible dans leurs pays d'origine. Le Canada est devenu une Utopie pour ceux qui ont fait face à la discrimination raciale, religieuse, et politique dans les pays desquels ils ont émigré.
Afin de réaliser une égalité et une unité non superficielles, une terminologie peu orthodoxe doit être utilisée en parlant de la population canadienne. Les mots tels que la majorité et la minorité doivent être supprimés de notre vocabulaire. Dans une société oł l'égalité est intrinsèque, une minorité ne peut pas exister dans notre climat politique et socio-économique. Des éléments hétérogènes sont mélangés dans une population. Je crois que c'est le futur de notre nation et de l'identité canadienne. Les Canadiens pourront démontrer leurs différences externes, mais ces différences deviendront non pertinentes. Les lois et le gouvernement poussent l'identité du Canada dans une direction oł l'excellence de l'accomplissement est tenue en estime tandis que la classe sociale, la race, la religion ou le sexe sont hors de propos. Créer ce genre d'identité nationale ne peut pas se produire dans un instant. L'évolution vers l'objectif d'une égalité absolue suit souvent une course péniblement lente. L'établissement de la Charte était un saut en avant et encore plus d'avances doivent être réalisées avant l'atteinte d'une identité véritablement collective.
Un sondage récent sur 'Le nouveau Canada' fait par le Centre de recherche et d'information qui était rapporté dans le Globe and Mail avait comme but de décrire le portrait du pays. Les résultats ont indiqué que les Canadiens du 21ème siècle valorisent la tolérance, l'inclusion sociale, et la pensée indépendante. Malgré que nous soyons une nation composée de plusieurs cultures, chacun est encouragé à maintenir son unicité, ce qui donne que notre identité nationale est constamment en évolution. Une croyance dans la résolution paisible du conflit, la résolution des soucis écologiques, le bon accueil aux réfugiés politiques aux rivages de ce pays, la santé universelle et un niveau élevé d'éducation pour tous, sont quelques éléments de cette identité en évolution. Les institutions d'une nation et ses principes qu'elle respecte sont les indicateurs vrais de l'identité d'un pays.
L'expression 'mosaïque', inventé par Trudeau, représente la meilleure description de la composition sociale du Canada. Esthétiquement, nous sommes différents ; les Canadiens sont de toutes les couleurs. Cependant, ces morceaux individus fabriquent ensemble le tissu de notre identité culturelle. L'identité canadienne contemporaine est comparable aux diverses couleurs du spectre. Chaque couleur est unique et vigoureuse à son propre chef. Quand ces couleurs sont passées par le prisme d'une vision sociale moderne, elles synthétisent dans un rayon de lumière brillante. La vraie force de notre nation est sa diversité. Le fait que tous les races, religions, et sexes puissent fondre dans une citoyenneté puissante est un symbole de notre pouvoir comme nation. Le Canada n'essaye pas d'assimiler ses citoyens dans une seule définition fabriquée. Il n'y a pas de Canadien stéréotypique. Plutôt, le Canada permet à ses citoyens de former leurs propres identités respectives basées sur leurs perspectives uniques de la vie.